La plaine des Wateringues

Le terme des Wateringues est un mot d’origine flamande qui signifie « cercle d’eau » : « water » pour eau, « ring » pour cercle. Ce terme a fait son apparition il y a maintenant 1000 ans, son histoire est liée à celle des Polders.

Des origines 

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Delta de l’Aa et ancien lac des Moëres à l’époque des romains (Source : Centre de la Mémoire Urbaine d’agglomération de la CUD)

Au XIIème siècle, le territoire du Delta de l’Aa comprenait un marécage s’étendant sur 850 km², traversé par le fleuve côtier de l’Aa, s’étalant de Calais à Nieuport (Belgique) pour se jeter dans la mer du Nord à Gravelines. Un cordon dunaire s’est formé progressivement, constituant une barrière naturelle entre la mer du Nord et le delta de l’Aa.

​A compter du Xème siècle, les Comtes de Flandres concèdent aux moines bénédictins venus d’Angleterre des territoires dont ils assureront l’assèchement.

Si le principe consistant à fermer les issues du delta à marée haute puis de les ouvrir à marée basse pour permettre l’écoulement gravitaire des eaux semble simple, sa mise en oeuvre a été plus complexe. Il a d’abord fallu creuser un maillage de fossés (watergangs) et de grands émissaires (canaux) en composant avec les difficultés techniques (terrain naturel en contre-pente, vents dominants du Nord-Ouest ralentissant les écoulements) et l’arbitrage des conflits entre les nécessités d’assèchement et les besoins de la navigation, seul moyen de communication de l’époque.

​A plusieurs reprises, les guerres et la nature ont eu raison de ces travaux. Les aînés ont encore en mémoire les inondations stratégiques de la 2nde Guerre Mondiale qui ont couvert toute la région du printemps 1944 à l’été 1945.

… à la modernisation

Pompe de la station des Quatre Ecluses

​Sous l’impulsion de l’Institution Intercommunale des Wateringues, créée en 1977, des ouvrages plus conséquents d’évacuation des eaux à la mer voient le jour: stations de pompage, exutoires aménagés, ouvrages de partition permettant de réguler le niveau des canaux. Le conflit d’intérêt entre assèchement et navigation s’atténue peu à peu mais un nouveau problème apparaît : les canaux sont surchargés par les eaux rejetées sans compter au niveau des stations de pompage.

​Au début du XXème siècle apparaissent les premières stations de pompage, afin de mettre en valeur les terres fertiles des Moëres, dont l’altimétrie est la plus basse du secteur des wateringues. Les pompes, installées en parallèle des vannes mises en place lors des grands chantiers de création d’un exutoire spécifique pour les eaux du Dunkerquois après la guerre, ont été conservées et ont marqué le commencement d’une nouvelle gestion hydraulique du territoire.

L’entretien de ces ouvrages génère aujourd’hui des coûts importants. Toutefois, c’est un passage nécessaire pour continuer à protéger le territoire face aux inondations.

​L’évolution de l’occupation des sols entraîne une augmentation des afflux d’eau. Les capacités d’évacuation offertes par les ouvrages ne suffisent plus à protéger le territoire en cas de pluies exceptionnelles. Il convient donc de trouver de nouvelles solutions de rétention en amont (reconstitution de zones humides, création de zones d’expansion de crues,…) et de s’assurer de la robustesse du système d’évacuation des eaux à la mer actuel ainsi que de son adaptabilité aux bouleversements induits par le changement climatique.

Et pour compléter voici un film de quelques minutes sur les Wateringues :